Recensement au Cameroun : une nouvelle prolongation pour combler les lacunes sur le terrain
Écrit par Dimitri MBAPPE NJOME le 06/08/2026
Face à un taux de couverture jugé insuffisant, le gouvernement camerounais joue les prolongations. Prévue initialement pour s’achever le 31 juillet, la phase de collecte du quatrième Recensement général de la population, de l’habitat, de l’élevage et de l’agriculture a été repoussée par un arrêté du Premier ministre Joseph Dion Ngute.
Les opérations se poursuivront ainsi du 1er août au 15 septembre. Cette période exceptionnelle sera consacrée à un « ratissage » national afin de ratisser plus large et d’intégrer un maximum de ménages, de personnes et d’exploitations agricoles.
Un bilan en demi-teinte et des oubliés dans les métropoles
Si le calendrier initial a dû être étiré à deux reprises, c’est qu’à la date de clôture, seuls 60,4 % de la population avaient pu être recensés depuis le lancement de la première phase en avril.
Dans les grands centres urbains comme Yaoundé et Douala, de nombreux habitants relèvent n’avoir croisé aucun agent recenseur. En cause notamment : une cartographie qui n’a pas réussi à suivre l’expansion rapide des nouveaux quartiers.
Les défis majeurs d’une opération d’envergure
Ce vaste chantier national se heurte à des obstacles structurels et logistiques complexes :
Des tensions sociales : Les retards de paiement récurrents des indemnités ont provoqué de multiples mouvements d’humeur et grèves au sein des équipes de terrain.
Des freins logistiques et sécuritaires : La collecte est ralentie par la faible adhésion de certains foyers, des barrières linguistiques, ainsi que par des zones d’insécurité ou difficiles d’accès.
Ce nouveau sursis accordé jusqu’à la mi-septembre constitue une tentative cruciale pour redresser les statistiques et garantir la fiabilité des données démographiques et agricoles du pays.



